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    A propos de la proposition de loi d’une députée UMP visant à interdire la fessée pour les enfants

    samedi 30 janvier 2010

    Interdire la fessée ?

    Encore une de ces polémiques stupides dont nous avons le secret en France ! Faut-il ou non une loi pour interdire de donner la fessée aux enfants ? Et les passions de se déchaîner, jusqu’au ridicule d’une ministre qui signe l’appel du Conseil de l’Europe contre les châtiments corporels et qui prétend ensuite ne pas l’avoir fait et qui développe des arguments sur la « fessée qui structure » ! Un pédopsychiatre, Aldo Naouri – qui s’était déjà distingué en s’opposant à la ratification par la France de la Convention relative aux Droits de l’Enfant – prétend que l’Etat n’a pas à s’immiscer dans la sphère familiale en interdisant la fessée : heureusement que l’Etat s’immisce quand même pour les enfants maltraités (trois morts en moyenne par semaine en France) et les femmes battues. Et un de ses éminents confrères, Marcel Ruffo, qui développe par ailleurs d’excellents arguments contre la fessée, refuse qu’on légifère là-dessus et préfère qu’on « explique » plutôt qu’on interdise. A ce compte il ne faudrait pas non plus « interdire » les violences conjugales et se contenter « d’expliquer » aux maris violents ! Or, aux termes de notre droit, il est plus grave de fesser sa fille que sa femme...

    En effet, tout le monde dans cette affaire semble oublier une chose extrêmement simple et indiscutable, inscrite dans notre droit et notre code pénal depuis longtemps, à savoir que toute violence exercée par un majeur contre un mineur est plus lourdement punie que si la même violence est exercée contre un autre majeur. Imagine-t-on une seconde l’impunité pour le cadre qui fesserait sa secrétaire pour quelques fautes de frappe ? Or, c’est moins grave que pour l’instit de frapper un élève pour des bêtises en classe. Mais quel est le résultat dans les deux cas quand ces affaires viennent devant les tribunaux ? Dans l’application de ses propres principes notre justice a encore quelques progrès à accomplir...

    Il en est de même dans la sphère familiale et les chiffres des violences conjugales sont là pour montrer qu’heureusement les lois peuvent être utilisées pour réprimer les comportements de certains maris (et certaines femmes ?) violent(e)s. Or, encore une fois, il est plus grave, aux termes même du droit, de frapper son enfant que sa femme (ou son mari !). Cette proposition de loi est une évidence : la France s’honorerait de rejoindre enfin les vingt pays européens qui ont déjà explicitement interdit la fessée pour les enfants, et réservons-la à ceux et celles, adultes, qui aiment la donner ou la recevoir...

    Décembre 2009



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