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    Le projet de "bac Blanquer" m’a inspiré quelques critiques ! L’oubli total des candidats libres, la foutaise des "moyennes", l’annulation de tout ce qui pouvait encore constituer un "programme"...

    Pascal Bouchard le publie sur le site de l’agence TOUTÉDUC :

    http://www.touteduc.fr/fr/archives/...

    L’article est en accès libre, mais c’est aussi l’occasion de vous abonner à cette agence de presse incontournable sur les questions éducatives...

    ____________________________________________________________________________

    Une fois n’est pas coutume ici, mais il y a urgence : un communiqué de L’Union départementale CLCV de Seine-Saint-Denis :

    En réponse à l’appel du "collectif des habitants du Franc-Moisin, relayée par le DAL... ... pour la pose d’une banderole réclamant la suppression pure et simple des loyers pour avril, mai et juin.

    Il va de soi que la CLCV ne saurait en aucune manière approuver cette demande formulée de manière parfaitement simpliste et démagogique, qui risque de provoquer des situations juridiques inextricables pour les locataires qui suivraient le mot d’ordre, avec aggravation évidente de leur situation. Ce ne sont généralement pas les "militants" qui appellent à ce genre de mesures qui, ensuite, doivent accompagner en justice les locataires en difficultés, parfois de longues années, avec tous les aléas inévitables provoqués par l’état de déliquescence de la justice civile dans notre département.

    Ce ne sont pas les bailleurs sociaux qui doivent supporter le coût des mesures de solidarité nécessaires à l’égard des locataires en difficultés, du fait des baisses de ressources directes ou indirectes. C’est à l’État à apporter sa contribution, comme il le fait pour les entreprises, avec notamment, entres autres mesures possibles, la revalorisation (avec rattrapage des retards antérieurs) de l’APL et l’augmentation à la hauteur des enjeux du FSL. Mettre en question l’équilibre financier des offices et sociétés d’HLM, auxquel(le)s on réclame par ailleurs, travaux d’entretien voire réhabilitations, sécurisation des espaces communs et développement des dispositifs de soutien à la vie sociale des "cités", est complètement irresponsable.

    L’UD CLCV 93 appelle donc sa trentaine d’associations locales à recenser les cas graves de locataires en difficultés, avec mises en œuvre des dossiers FSL, de mobilisation des CCAS et éventuellement des dossiers de surendettement, mesures qui peuvent bien sûr aller jusqu’à l’effacement des dettes (article 18 de la Charte signée nationalement entre TOUTES les associations et les bailleurs HLM). Bien cordialement à tous,

    Bernard Defrance, président de l’Union Départementale CLCV de la Seine-Saint-Denis

    contact presse : 06 06 80 26 29


    Le petit insert qui apparaît en haut à gauche de nos écrans de télévision et les messages des autorités de santé m’ont inspiré la réflexion suivante (vous pouvez diffuser en mentionnant l’origine bien sûr) :

    Prenons soin de nous ! Les "récalcitrants" révèlent nos difficultés à vivre réellement la démocratie.

    L’erreur cachée, mais massive et constante, de tous les messages et de toutes les injonctions à respecter confinement, distanciation sociale et gestes d’hygiène est de s’exprimer sous la forme impérative de... l’impératif ! grammatical en deuxième personne du pluriel : "Restez à la maison !" au coin de certains de nos écrans... Mais immanquablement, même inconsciemment sans doute, le récepteur du message ne peut que se poser la question : mais qui parle ? qui est le sujet de cet impératif ? son autorité est-elle, non seulement légale, mais légitime ? Le donneur d’ordre apparaît ainsi comme se plaçant en surplomb vertical à l’égard du destinataire du message et s’étonne ensuite, naïvement, de l’inévitable résistance qu’il suscite ; laquelle le conforte dans l’illusion qu’il sera plus efficace en renforçant l’injonction, en moralisant les "inconscients", et en brandissant menaces d’amendes voir carrément de prison ! Alors même que la situation sanitaire en prison risque de tourner à la catastrophe et qu’on va se trouver sans doute dans l’obligation de libérer les détenus en courtes ou fins de peine, voire non encore jugés, présumés innocents !

    On retrouve cette perversion hiérarchique anti-démocratique dans tous les replis des systèmes de "communication", profondément intériorisée par le mode patriarcal de l’éducation en famille et par le mode magistral de l’instruction à l’école. La résistance d’une infime minorité à l’infantilisation permanente du plus grand nombre ne fait que mettre en lumière la résignation de ce plus grand nombre à ne pas exercer ses pouvoirs démocratiques : renoncement très paradoxalement "démocratique" puisque majoritaire !

    Certes, les formes que prennent ces résistances, la plupart du temps rapidement impuissantes, peuvent susciter le renforcement répressif qu’elle croient combattre, mais symétriquement, les "forces d’ordre" ne cessent de susciter et de renforcer les oppositions actives ou passives, pacifiques ou violentes, et de créer ce qu’elle prétendent combattre. Le "crédit social" chinois, par exemple, n’est que l’excroissance massive du livret scolaire, qui évite en grande partie la violence dans la surveillance et la répression, puisque les citoyens, maintenus élèves perpétuels, cherchent évidemment à "réussir" grâce aux "bons points", dans l’espoir vain pour l’immense majorité d’accéder à la caste des donneurs d’ordre : ne pas perdre de vue que l’infantilisation du plus grand nombre n’est que l’effet de l’infantilisme des anciens bons élèves qui prétendent nous gouverner.

    Ivan Illich demandait que l’on déscolarise la société (et non une société sans école !). Je demande plus modestement, en tant que citoyen de plein droit, que l’on cesse de me donner des ordres et de me noter. Je demande tout simplement, au moins dans un premier temps, que le "Restez chez vous !" devienne " Restons chez nous !". Passons tous les messages actuellement télévisés à la première personne du pluriel : "Utilisons un mouchoir à usage unique", "Gardons nos distances par solidarité réciproque", "En cas de symptômes, nous appelons le Samu..." etc. Un simple point de grammaire qui pourrait enfin commencer à donner un sens à notre devise républicaine. Prenons soin de nous ! ce qui réconcilie égoïsme nécessaire et solidarité à enjeu vital.


    Et aussi, messages... de la famille ! Deux de mes soeurs ont réagi à l’envoi dans le cercle familial de la photo de mon fils Gilles, pharmacien-biologiste, en première ligne...

    Hélène : Oui, bravo à Gilles et à tous ceux qui aujourd’hui font un boulot de dingue pour sauver des vies et je pense aussi à Antoine tout juste médecin , le fils de la Mique [surnom de Marie-Josèphe Poyer, née Defrance], en première ligne aujourd’hui aussi !!! Mille mercis et honte à ce gouvernement qui n’a rien su prévoir alors que la Chine et ensuite l’Italie nous avertissaient de ce qui allait se passer... Pour nous, Philippe [le compagnon d’Hélène] qui travaille à Airbus, on lui demande de revenir au boulot pour produire des avions qui de toutes façons sont cloués au sol ! Ils ont des masques qui seraient mille fois plus utiles dans les ehpads et les hôpitaux ! Ils vont contaminer et se faire contaminer, il y a déjà des cas mais c’est pas grave, il faut produire ! Les criminels, il n’y a pas d’autres mots ! À cause de sa bronchite chronique, son médecin l’a arrêté pour 15 jours, il reste avec moi confiné et heureusement.. Et je pense à la Top [surnom de Renée Defrance, notre soeur aînée, décédée en décembre dernier] qui a échappé à tout ça, heureusement aussi pour elle, je crois qu’elle n’aurait pas supporté... Bises à tous, on est très en colère...

    Marie-Josèphe : Chers tous,  Je ne peux que souscrire à ce que dit la Lousse [surnom de Hélène]  ! Bravo à Gilles bien sûr, et à tous ceux qui (comme aussi notre fils Antoine !) sont en première ligne. Drôle de façon de commencer sa carrière de jeune médecin ! En ce qui me concerne, je suis frappée de constater le manque de mise en oeuvre collective et raisonnée des moyens dont cette société dispose  à tous les niveaux, et particulièrement choquée par l’abandon scandaleux des services utiles à tous, abandon que nous payons actuellement au prix fort. Curieusement, c’est là que l’on se rend compte que cette fameuse classe ouvrière, dont on nous dit qu’elle a disparu, est essentielle (à la différence des actionnaires !) à son bon fonctionnement.  Je pense aux aides à domicile, à celles et ceux qui travaillent dans les ehpad, aux éboueurs, à tous ces "invisibles" sans qui rien ne fonctionne...  La seule "union sacrée" dont je suis solidaire, c’est celle de tous ces gens-là qui se battent au quotidien pour faire correctement leur boulot. Et je ne me sens nullement "unie" à ceux qui ont permis un tel gâchis. Et je pense aussi que la Top aurait partagé ce point de vue, même si comme Michel [un frère] le dit, il est mieux qu’elle n’ait pas vécu cela. Cela dit, j’espère que tout le monde va bien !! Nous vous embrassons tous.


    Par ailleurs :

    Les sauvageries commises par la police grecque à l’égard des migrants bloqués à la frontière avec la Turquie - violences qui ne font pas oublier les lâchetés de l’Union Européenne ni le chantage ignoble du sultan - m’ont incité à écrire, en tant que descendant en ligne directe de Konstantin Kanaris (voyez Wikipédia), à la présidente grecque et à son premier ministre. À voir dans "mes textes" en versions française, grecque et anglaise, et aussi dans la prochaine lettre 123.

    L’affaire ’’Matzneff" m’a incité à compléter le recueil (ci-contre) de mes textes avec un ancien article paru en 1977 dans les Cahiers Pédagogiques (’’L’Enfant et son désir") où je commentais un livre de René Schérer et Georges Lapassade... autres auteurs sulfureux rationnalisant (au sens analytique) la pédophilie, et un autre beaucoup plus récent paru dans la revue EMPAN en mars 2017 (’’Éros pédagogue’’) dans son n° 105 consacré à la question de l’amour dans le travail social.

    Enfin, il faut m’excuser du retard pris dans l’écriture et la diffusion de ma Lettre-DOCumentaire sur les droits de l’enfant : les numéros 115 à 119 sont bien dans les tuyaux... J’ai été très pris par les questions internes à l’Union départementale CLCV de Seine-Saint-Denis, problèmes heureusement réglés aujourd’hui, et autres préoccupations très ’’chronophages’’... Je reprends mon retard à rebours : c’est-à-dire que la Lettre n° 120, avec mes voeux pour 2020, a été mise en ligne, ainsi que la n° 114bis, n° supplémentaire consacré aux violences policières, et la 121. Les 115 à 119 ... bientôt j’espère ! ainsi que la 122 bien sûr. Bien cordialement !


    Ma Lettre-DOCumentaire concerne directement ou indirectement les droits de l’enfant : liens vers des documents, articles de presse, appels, publications et annonces d’événements divers diffusés sur internet.
    Si vous souhaitez la recevoir (abonnement gratuit), inscrivez-vous par simple message adressé à Lettre-DOC-at-bernard-defrance.net.
    Attention, dans cette lettre, certains liens (notamment avec des organes de presse) peuvent être périmés, et donc si le document vous intéresse, vous pouvez me le demander, peut-être l’ai-je enregistré.

    Je commence par ailleurs à archiver ici-même cette lettre : voyez colonne gauche de cette page d’accueil. L’archivage commence au 1er octobre 2012.

    Vous pouvez retrouver les archives de l’ancien site dans les rubriques à gauche : principalement tous mes articles publiés en téléchargement libre : cliquez sur les chiffres "0" ou "10" en bas de page pour accéder aux textes archivés.


    Photo : Bruno Defrance, 2000


    Pensées du mois, en vrac ...

    S’il n’y avait pas d’homme que la philosophie ennuie, le philosophe mourrait d’ennui lui-même.

    Éric Weil.


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